Ronan Pichon pendant son intervention sur la politique général lors du lancement de campagne

Bonjour à toutes et à tous, c’est avec un grand plaisir que je prends la parole aujourd’hui devant vous. C’est un moment important pour nous et particulièrement pour moi. Permettez-moi tout d’abord de me présenter en quelques mots : je suis Ronan Pichon, je suis écologiste, je suis informaticien de métier et de profession, et j’ai l’immense honneur et la lourde responsabilité d’avoir été désigné pour être le premier de la liste initiée par les écologistes à Brest pour les prochaines élections municipales et donc pour être dans quelques mois le prochain maire de Brest et le premier écologiste à occuper cette fonction.

Mais ce dont je souhaite véritablement vous parler aujourd’hui est le récit et l’ambition d’une aventure collective.

Depuis le début de l’année 2019, à Brest, les écologistes ont initié un travail de réflexion ouverte pour imaginer ce que pourrait être un véritable projet d’écologie municipale à Brest pour les 10, 20, 30 prochaines années. De février à juin, quatre ateliers contributifs ont rassemblé plus de 150 personnes. Nous avons été accompagnés dans cette démarche par nos amis de l’UDB, de BNC, de LRDG ainsi que toutes les personnes volontaires que notre démarche a intéressé et qui ont manifesté la volonté de travailler avec nous.

Si nous élargissons notre horizon, les marches pour le climat, le mouvement des coquelicots pour
l’interdiction des pesticides de synthèse et de nombreuses mobilisations écologistes montrent que les prises de conscience se multiplient sur la planète.

Changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre, effondrements des populations d’insectes et d’oiseaux causées par l’usage des pesticides de toute nature et la destruction de leur habitat, effondrements de stocks de poissons conséquence de la surpêche, pollution plastique généralisée des océans et des cours d’eau, artificialisation des sols… ce sont autant de questions écologiques qu’il n’est plus possible de laisser sans réponse véritable.

C’est pourquoi, nous avons longuement réfléchi et débattu sur la meilleure façon de mettre en œuvre à Brest les politiques publiques nécessaires. La ville de Brest est dirigée depuis 1989 par une majorité de gauche plurielle à laquelle les écologistes participent depuis 1995. Pendant ces trente ans notre ville a beaucoup changé, souvent en bien, et les écologistes ont contribué à ces changements : le bio dans les cantines des écoles, la première ligne de Tram, Internet pour tous dans les logements HLM de BMH, « zéro phyto » dans les espaces verts et sur la voirie, … Mais dans le même temps, l’étalement urbain et l’artificialisation des sols a continué, de nombreuses activités marchandes ou professionnelles ont quitté le centre-ville et les quartiers au profit des zones d’activités en périphérie, etc.  Notre travail depuis 1995 a contribué à faire progresser les questions écologiques dans l’esprit des élu.e.s de la majorité et dans l’action publique, mais il est maintenant nécessaire d’aller plus vite et plus loin.

C’est pourquoi, le 2 septembre dernier, nous avons pris la décision de proposer une liste et un programme écologiste aux électrices et électeurs en mars 2020 et que nous retrouvons ici et maintenant pour lancer la campagne de cette liste. Nous l’appelons Brest Écologie Solidarités.

Brest, parce nous voulons que nos propositions et nos réalisations soient pleinement ancrées dans notre ville et qu’elles s’appuient sur ses spécificités.

Écologie, parce que c’est à la fois la cause première de notre engagement commun pour la défense et la protection du vivant et l’inspiration de la méthode que nous voulons mettre en œuvre.

Solidarités, parce que toutes les sociétés humaines sont basées sur des liens de solidarité.
Parce que face aux défis colossaux de la transition écologique, il ne peut y avoir de réponses que collectives. Enfin, parce qu’il nous faudra également faire face aux conséquences amères de la politique du gouvernement actuel : augmentation de la pauvreté, des inégalités. La réforme de l’assurance chômage ne va pas arranger les choses, ce sont autant de défis supplémentaires qu’il nous faudra affronter en nous serrant les coudes.

Nous avons la chance que notre ville soit au cœur d’espaces particulièrement riches et diversifiés. Depuis les monts d’Arrée jusqu’à la pointe saint Matthieu, depuis la presqu’île de Crozon jusqu’aux Abers, la rade et la Penfeld, autant d’espaces auxquels nous avons besoin de relier notre ville pour y faire venir et mettre en valeur des espaces végétalisés et vivants ou simplement y valoriser les perspectives magnifiques qui parsèment notre ville et dont nous ignorons souvent l’existence même. Mais une ville est d’abord une communauté humaine, et si le lien avec le monde végétal et le monde animal est important, il est essentiel de se préoccuper de la vie des femmes et des hommes qui habitent notre ville, parce que c’est d’abord pour elles et pour eux que nous nous engageons dans ce combat politique. Et c’est avec et par elles et eux que les changements que nous proposons se réaliseront pour engager pleinement Brest dans une transition écologique et solidaire.

En effet, avoir un regard écologique c’est d’abord faire le constat que rien ne vit isolément mais que comprendre un système complexe demande de s’efforcer de l’étudier dans sa globalité et non pas d’essayer de le réduire à ses éléments. Il en va de même des politiques publiques qui doivent être pensées, conçues et mises en œuvre en prenant systématiquement en compte les différentes articulations entre les actions et non pas, comme trop souvent, en menant des actions en parallèle qui s’ignorent les unes les autres. Et bien sûr, nous avons la volonté que nos actions contribuent à répondre aux enjeux écologiques, notamment le changement climatique, l’artificialisation des sols, l’économie des ressources matérielles et les pollutions diffuses.

Gaëlle Morvan, Gwendal Quiguer, Nathalie Chaline et Glen Dissaux nous ont présenté quelques-unes des propositions en termes d’action sociale, de mobilités, d’alimentation, de tranquillité et de sécurité que nous faisons aux brestoises et aux brestois pour les élections des 15 et 22 mars prochains, et les 6 années suivantes.

Je souhaiterais maintenant prolonger avec vous un peu ce moment en vous présentant d’autres éléments et principes programmatiques pour le prochain mandat :
Tout d’abord en termes de méthodes, il nous paraît indispensable que le prochain mandat s’engage sous le triple signe de la transparence, de l’éthique et de la proximité, afin de renouveler et d’approfondir le pacte qui lie les élu.e.s, les services publics locaux et les habitant.e.s de notre ville et de notre agglomération.

Transparence, parce qu’engager des transformations importantes comme celles que nous voulons mettre en place ne peux pas se faire sans donner aux habitantes et habitants les informations nécessaires à la bonne compréhension des actions et des enjeux qui sont souvent complexes. Pour une meilleure lisibilité de l’action publique et de l’activité des élu.e.s et services de la ville et de la métropole. Nous publierons régulièrement des informations qui donnerons mieux à voir l’activité de la collectivité, des élu.e.s et du territoire sous forme de données ouvertes, d’indicateurs, et de documents synthétiques et accessibles.

Éthique, parce que pour faire renaitre la confiance il nous paraît indispensable de prendre des engagements sur la façon dont nous entendons mener notre action et sur les méthodes qui guideront notre action. Une fois élu.e.s nous établirons une charte qui engagera tous les élu.e.s et les services de la collectivité dans leurs actions au quotidien quant à la manière dont sera menée l’action publique.

Proximité, parce que nous sommes au service des habitantes et habitants et qu’il est donc important que nous fassions notre possible pour s’assurer que toute personne puisse être entendue et écoutée. Pour cela, il faudra se donner les moyens de s’assurer que personne ne reste seul face à des difficultés qu’elle ou il pourrait rencontrer. Il ne saurait y avoir de solidarités si nous ne faisons pas ce travail pour rompre l’isolement ou la détresse qui sont trop souvent monnaie courante dans nos sociétés individualistes.

En termes d’actions, nous proposons :

De renforcer l’écoute des habitant.e.s, au quotidien et dans les différentes concertations en liens avec les grands projets. Ce qui suppose également que nous nous assurions que nous rendions des comptes et explicitions comment la parole et les propositions sont prises en compte. Nos futur.e.s élu.e.s et nos services devront être soucieux d’être en attention vis à vis des habitants.

Mettre en oeuvre une transition écologique suppose que nous sachions nous appuyer, relayer, renforcer les nombreuses initiatives citoyennes présentes dans notre ville dans ce domaine, qu’il s’agisse de groupements d’achats, d’AMAP, de coopératives de production d’énergie, de mobilités partagées, de jardins partagés. Être en attention, nous permettra de donner à voir et faire connaître ces initiatives et nous devrons être attentifs à faire avec ces bonnes volontés et encourager les initiatives collectives qui nous permettront d’avancer dans la transition écologique.

Faire avec, c’est aussi renforcer les liens avec les associations, nombreuses à Brest, et impliquées de longue date dans l’éducation populaire, les solidarités, les cultures, le sport, le lien social… Nous devons améliorer les relations entre la collectivité et les associations afin qu’elles puissent continuer et approfondir leurs actions et qu’elles puissent plus davantage susciter l’implication des bénévoles dans leurs actions et leurs décisions. Le monde associatif est un partenaire privilégié de l’action publique de proximité que nous comptons mener.

Mais la ville et la métropole doivent également s’engager directement pour répondre aux urgences
écologiques et climatiques auxquelles nous faisons face. Par exemple, nous voulons que chaque année soit établit un budget carbone de l’action de la collectivité que celui-ci soit débattu et voté au moment du débat budgétaire. Nous pourrons ainsi être exemplaires dans le cheminement vers une société zéro carbone. Nous encouragerons les autres acteurs importants du territoire à travailler cette question avec nous pour que tout le territoire avance résolument vers cet objectif.

L’un des leviers de l’action publique est la commande publique, là aussi nous devrons être exemplaires pour nous assurer que celle-ci se fait en respectant les principes éthiques dont nous aurons pris l’engagement. La commande publique peut aussi être un levier pour l’activité économique locale, l’exemple de la ville de Preston en Angleterre nous inspirera. Dans cette ville, la municipalité et l’ensemble des acteurs publics, notamment l’université et l’hôpital ont travaillé ensemble pour s’assurer que leurs marchés publics soient pleinement accessibles aux entreprises locales et identifier les opportunités de créations d’entreprises en lien avec ces marchés. En une dizaine d’années ce sont des centaines d’emplois locaux qui ont été créés dans
cette ville à la suite de ce travail, et davantage encore quand on élargit le regard aux alentours.

En combinant ce travail avec un approfondissement des clauses environnement de nos marchés publics, nous pourrons encourager nos entreprises à se saisir pleinement de la transition écologique dans leurs métiers.

Cette transition écologique dans les entreprises, nous l’encouragerons également en renforçant
l’accompagnement, la promotion et la valorisation des entreprises qui s’engageront et qui s’engagent déjà dans la transition.

L’économie sociale et solidaire, en particulier, est particulièrement avancée. Elle est un levier important à valoriser qui permettra à notre ville d’avancer plus vite et plus fort dans les transitions. Elle peut être aussi une façon de mettre ensemble des acteurs divers pour avancer ensemble vers une économie circulaire et donc plus sobre en ressources matérielles. La recyclerie un Peu d’R en est un bel exemple, ou plus récemment Penn ar bio.

Deux derniers points sur les questions économiques, il nous paraît essentiel de travailler à favoriser et encourager l’installation et la pérennité d’activités commerciales, artisanales et professionnelles dans le cœur de notre ville et de nos quartiers pour développer une économie de proximité et arrêter le déménagement de l’activité économique et commerciale dans les zones d’activités qui nous entourent.

Enfin, nous devons faire de nos ports et de la rade des acteurs essentiels de l’activité économique future de Brest, en plaidant avec la région Bretagne auprès de l’Union Européenne et de l’état pour l’intégration de notre port dans les réseaux de transports européens (RTET), condition indispensable à l’amélioration d’une liaison de Fret ferroviaire entre notre port et le cœur de l’Europe et à la diversification des activités de notre port de commerce. Nous nous engageons aussi à travailler localement pour que se développent les liens entre les différents acteurs, de la recherche, de l’innovation, de l’industrie et des ports afin de réinventer l’activité portuaire à Brest et réintégrer ces ports pleinement dans la ville.

Nous voulons également que notre ville dispose d’un Crédit municipal. Les Crédits municipaux sont des établissements publics de crédit portés par une ville, le plus proche de nous est le crédit municipal de Nantes. Les crédits municipaux ont le monopole des prêts sur gages, ce sont également des institutions qui peuvent porter du micro-crédit, de la micro épargne et qui sont des leviers potentiels importants d’une action sociale et solidaire de proximité. Ces établissements peuvent également porter des prêts au monde associatif et aux acteurs de l’économie sociale et solidaire et la présence d’un crédit municipal à Brest peut nous aider à renforcer ces acteurs. Une fois élu.e.s nous lanceront une étude de faisabilité qui déterminera la meilleure façon de porter un crédit municipal à Brest.

Pour en terminer avec cet aperçu programmatique, je souhaite rappeler l’importance des transports publics dans une politique de transition vers une société zéro carbone socialement juste. Ces transports publics nécessitent et nécessiteront des moyens considérables pour permettre le droit à la mobilité pour toutes et tous et nous serons attentifs à ce que notre réseau de proximité, les bus, dispose des ressources nécessaires pour fournir un service de qualité sur l’ensemble de la métropole, et à ce que ces services de transports soient pleinement accessibles à toutes et tous.

Pour conclure, nous sommes convaincus que la question de la transition écologique et les conditions dans lesquelles elle se fera dès les prochaines années sont les questions centrales qui définiront les futurs alliances politiques dans les prochaines décennies. Nous avons une génération devant nous pour avoir terminé une transition écologique et solidaire réussie, nous devons commencer maintenant.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer cette liste « verte et ouverte » à Brest pour les prochaines élections municipales, nous sommes convaincus que cette ambition et cette volonté que nous mettons en partage aujourd’hui est largement partagée dans notre ville et au-delà.

Notre démarche a pu susciter des interrogations, au début, mais elle a aussi et surtout suscité de grands espoirs. Nous avons entendu des appels à l’union et au rassemblement, mais l’union et le rassemblement ne sauraient être le fruit d’une habitude ou d’un réflexe et ne se décrètent pas.

L’union et le rassemblement se construisent autour d’un projet politique ambitieux et enthousiasmant pour notre ville, pour ses habitantes et ses habitants, c’est ce projet politique que nous avons commencé à vous présenter aujourd’hui. Nous avons déjà commencé à rassembler au-delà des cercles partisans et la volonté exprimée par l’UDB aujourd’hui de venir avec nous montre également qu’en restant fidèles aux sources de leur engagement des formations politiques engagées de longue date dans les combats de la gauche : émancipation, autonomie, libertés, égalité, solidarités se reconnaissent dans notre démarche et y ont toutes leur place. Nous espérons que d’autres viendront et qu’ensemble nous puissions porter un véritable renouvellement politique dans notre ville qui soit l’approfondissement d’engagements politiques sincères pour l’émancipation et les solidarités afin qu’elles se réalisent dans le cadre d’une transition écologique de notre ville.

Nous avons fait le choix de nous battre pour engager résolument la ville de Brest dans une transition écologique et solidaire dès 2020. Nous n’avons pas fait ce choix parce que ce sera facile, nous avons fait ce choix parce que ce sera difficile. Mais poursuivre cet objectif permettra de mobiliser les énergies et d’engager des changements qui rendront notre ville plus belle, plus solidaire, plus inclusive, plus juste. Nous refusons de remettre à plus tard cette nécessaire et souhaitable transition, et nous sommes convaincus que nous pouvons y arriver.

Nous avons besoin de votre aide, de votre soutien, de votre engagement, de vos avis et remarques. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues et ensemble nous pourrons rassembler largement pour que notre liste Brest écologie solidarités remporte les prochaines élections et notre ville et notre métropole soit un territoire où s’invente et se construit un futur désirable.

Gardons enfin à l’esprit que la campagne qui commence sera longue et difficile, même si nous voulons joyeuse et enthousiasmante. Gardons à l’esprit que nos véritables adversaires sont les différentes listes de droite et d’extrême droite, des macronistes aux lepenistes en passant par la droite « canal historique ». Nous voulons rassembler largement au premier tour et plus largement au deuxième tour et nous ne nous égarerons pas dans de vaines querelles avec celles et ceux qui ne sont pas ou ne seront pas sur notre liste, mais que nous refusons de considérer comme des ennemis.


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