Je vais aborder très rapidement une thématique qui est parfois perçue comme un point faible des écologistes et la gauche en général : La sécurité, la tranquillité publique,

Certains veulent absolument porter le débat sur ce sujet, évidemment, la sécurité est en effet devenu un objet de discours électoral plutôt qu’un réel enjeu d’action publique, avec son lot de propositions démagogique, irréalisables, couteuses et inefficaces.

Nous pensons que ce ne doit pas être le fond de la campagne : le projet que l’on porte est bien plus large, plus ambitieux et plus important pour les brestoises et les brestois pour qu’on le réduise à un débat sécuritaire qui la marotte de la droite.

Mais pour autant on en peut pas ne rien en dire, évidemment : il y a une problématique autour de la tranquillité urbaine, de la protection des populations, de la sécurité, et de fait ce sera au coeur de la campagne : il y a des faits divers, des comportement et des situations qui interrogent ; au niveau purement statistique, les faits de violence n’augmentent pas significativement à Brest mais les situations évoluent, les faits ne sont pas forcément les mêmes qu’avant.

Reposons les choses : La sécurité est un droit fondamental. On doit viser à diminuer toutes les formes de violences, à aller vers une société apaisée.

Simplement, il faut prendre en considération les facteurs sociaux de la violence et pas juste la responsabilité individuelle. Oui, la pauvreté, l’abandon des populations vulnérables, la prolifération du racisme, du sexisme, du machisme, les inégalités croissantes, et la violence symbolique contribuent à la violence physique de nos sociétés.

Actionnons donc les bons leviers pour y remédier.

Nous visons l’autonomisation et l’émancipation individuelle et collective par la culture, les arts, l’éducation, la médiation, le travail social, les solidarités au sens large ; c’est par ces biais la qu’on aura une société apaisée, qu’on arrivera à moins de violence.

Ce qui compte c’est la présence humaine, il faut occuper le terrain, avoir des politiques transversales, lier l’insertion, le développement économique, l’enjeu des transports, la culture, l’urbanisme, etc.

Donc évidemment pour nous il est hors de question de déployer de la vidéosurveillance dans l’espace public.

Nous ne pouvons que nous alarmer des déploiements de dispositifs de vidéosurveillance un peu partout, qui s’appuient sur des techniques de reconnaissance faciale, de collecte des données, de non respect de la vie privée, et ce n’est pas rassurant : Nous ne participeront pas à cette folie.

D’autant plus que ces dispositifs sont extrêmement chers et ne sont pas efficaces. On pourra en reparler : La vidéosurveillance apporte réellement une aide à la police et la gendarmerie dans 1 à 3% de leurs enquêtes seulement. Elle est détournée pour sanctionner les infractions routières ou pire aller vers la vidéo-verbalisation : un système répressif total. Il n’y a quasiment pas de constations d’actes de délinquance sur la voie publique en direct : il s’agit seulement de plaire à une certaine population qui se sent plus en sécurité.

Même chose pour la police municipale : Nous n’y sommes pas favorable. Du tout.

50 agents ? armées ? immédiatement ? sans concertation ? sans formation ? sans étude de terrain ? Comme supplétif de la police nationale, sans cadrage politique, donc avec des missions floues… soyons sérieux, cette proposition est totalement irresponsable.

Rappelons que le périmètre d’action d’une Police Municipale est assez limité ; des PV en cas d’infraction aux arrêtés de police municipale, la verbalisation de certaines infractions au code de la route et des sanction des contraventions de voirie routière, alors avoir des armes pour ça… non.

Dans le fond, il faut repenser notre rapport à la tranquillité urbaine, comme notre façon de faire la politique.

Et remettre les bons termes au débat : les violences domestiques et familiales, les violences liées à la consommation excessive d’alcool et réalisée de nuit, c’est la grande majorité des faits.

On pourrait dire que à la fois la police nationale et la justice sont largement sous-dotés et ce serait vrai. Tant que les services publics continueront à être attaqués et méthodiquement démantelés par le Gouvernement, il y aura un report impossible de la demande sur les communes … dont on assèche les sources de finances.

Nous pensons plutôt à d’autres solutions :

  • Des médiateur.rice.s supplémentaires sont indispensables car la prévention est la meilleure réponse possible. Pour cela il faut avoir des créneaux horaires adaptés,encore plus d’agents.


  • Nous préconisons la création d’une unité pluridisciplinaire spécialement formée au cas particuliers des mineurs étrangers en errance. Ce phénomène s’accentue à Brest et il nous faut une réponse graduée et adaptée a ces situations complexes.


  • Dans les textes, le maire pilote la prévention de la délinquance et la coopération avec les services de l’État est acquise : on constate que ça ne fonctionne pas ; cette coproduction doit devenir effective.

On a vu une augmentation du nombre de dispositifs ces dernières années (Zone de sécurité prioritaire, Police de sécurité du quotidien et Quartier de reconquête républicaine, Groupes de Partenariat Opérationnel, Groupes locaux de traitement de la délinquance, CLSPD…Conseils Locaux et Intercommunaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance).

  • Le corolaire pourrait être d’instaurer une présentation annuelle par le maire et les services de l’État (commissaire + Procureur par exemple ) du bilan de l’action publique en matière de sécurité, auprès des habitants.


  • Pourquoi ne pas associer directement les habitants à l’élaboration et la réalisation de ces politiques. Créons des espaces de discussions et développons l’engagement citoyen dans le champ de la prévention de la délinquance.

Intégrer les habitants dans les instances de coproduction de la sécurité et/ou favoriser la mise en place d’instances de concertation représentatives de l’ensemble de la population, en veillant à mobiliser les groupes les plus éloignés des institutions. Nous pourrions valoriser et développer l’engagement citoyen dans le champ de la prévention de la délinquance et dans un cadre déontologique : services civiques, réservistes, assesseurs au tribunal pour enfants, médiation bénévole, groupes de parents, travailleurs sociaux…


  • Il faut évidemment reconnaître la nécessaire association des acteurs socio-éducatif à la prévention de la délinquance puisqu’ils y contribuent fortement, notamment par leur présence de terrain et leur connaissance des publics. : pourquoi pas organiser des assises de la tranquillité publique avec tous les partenaires et demander leur avis aux gens : on n’a pas les même besoins à Kerourien, en bas de Siam ou au Pilier Rouge.


  • Enfin, développons une approche globale de la nuit associant tous les acteurs : il faut mettre en place des organes locaux de concertation et de partenariat de la politique de la nuit. Il faut pouvoir agir en terme de médiation et déployer une commission de débits de boissons (sanctions, dérogation des horaires de fermeture, étude acoustique, prévention des risques liées au consommations de drogue et d’alcool).

Voici quelques pistes de travail. On peut être innovants et imaginatifs même sur un thème comme celui-ci. Et nous pensons que c’est comme ça que l’on peut avoir un cadre général qui protège et qui soit apaisé.


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