Je m’appelle Marion Maury. J’ai 36 ans, je travaille dans l’insertion. J’aimerais vous dire pourquoi j’ai rejoint l’écologie et cette liste Écologie et Solidarités pour Brest.

Je ne sais pas si vous eu déjà l’occasion d’écouter Rob Hopkins, celui qui a fondé le mouvement international des villes en transition.  Je l’ai entendu il y a un an au Village Climat Déclic. J’aime sa vision de l’écologie car il nous rappelle que si la peur des crises environnementales peut-être un déclencheur de l’action (avec moi, la peur a très bien marché ! Elle a probablement changé ma vie), elle n’est pas suffisante pour entraîner toute une société à changer.
Ce qui a été une sorte de déclic pour moi dans ses interventions c’est la place qu’il donne à l’imagination collective.
Je crois, comme lui, que notre société a été victime d’un appauvrissement de l’imagination politique sur les dernières décennies.
C’est la conséquence logique de la victoire du libéralisme à partir des années 80, la victoire de l’idéologie de la mondialisation après la chute du mur de Berlin. Ce slogan le résume bien : « There is no alternative » disait Thatcher. Alors beaucoup de gens ont baissé les bras et ont pensé qu’il n’y avait pas d’alternative et qu’il fallait au fond subir et s’adapter…
Nous avons été et nous sommes toujours gouvernés par les chiffres à tous les échelons. Le PIB est encore l’indicateur roi dans nos sociétés. Mais le PIB en lui-même ne nous dit rien du bien-être social et environnemental de nos sociétés. L’exemple des Etats-Unis est parlant : la croissance y est forte et les systèmes de solidarité s’effondrent comme la démocratie.
Dans nos villes en France aussi, soumises à des contraintes financières fortes du fait d’une politique qui se méfie du pouvoir local, on peut dériver vers une gouvernance politique par les chiffres qui nous mènerait à nous réjouir lorsqu’on réduit les dépenses et qu’on tient le budget. Alors que nous devrions nous réjouir quand au contraire nous dépensons mieux et davantage pour nos services publics locaux mais aussi pour les investissements sur la transition dans les villes, pour le bien-être des populations.

De fait, j’ai toujours eu l’impression dans ce contexte, en tant que militante, de jouer en position de défense.
En défense contre la montée de l’extrême droite, en défense contre l’injustice sociale et les inégalités, contre la globalisation qui a voulu uniformiser notre culture.

J’ai rejoint l’écologie car elle a les bonnes lunettes pour analyser et lier tous ces enjeux entre eux. Et pour nous amener à imaginer collectivement un projet de société qui a du sens pour notre bonheur.

Je suis venue à l’écologie avec les marches citoyennes pour le climat.  
Et pour moi l’écologie, c’est remettre les citoyens au cœur de l’action publique.
Ces élections locales à Brest sont très importantes car la démocratie s’affaiblit partout. Et l’échelon local est le meilleur endroit pour redonner le goût de la démocratie.
Pour peu que nous soyons évidemment exigeants envers les élus au niveau de l’éthique, de la déontologie, de l’écoute et de la capacité à faire avec les habitants.
Il se passe quelque chose aujourd’hui. Nous constatons une vitalité des projets citoyens (des coopératives aux jardins partagés, en passant par les projets culturels…). C’est formidable et inspirant.
Nous voyons les jeunes et très jeunes qui s’engagent dans la désobéissance civile non violente. Se révolter contre les panneaux publicitaires, la surconsommation de plastique, l’inertie du politique Certains veulent les réprimer.
Tout cela témoigne que la société est en avance par rapport au pouvoir politique. Et les gens le savent. Je trouve qu’on a besoin de retrouver confiance en l’action publique et cela se joue beaucoup en local. Là où les habitants peuvent vraiment co-construire avec les élus.

Je suis devenue écologiste car je pense que l’écologie a les clefs pour traiter un mal profond qui nous ronge, le déracinement.

Nous souffrons de nous être déracinés de notre milieu naturel et de nos liens avec le vivant. Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de lire l’étude de l’Adeupa sur la Nature en Ville qui vient de sortir. Les gens ont envie de plus de nature mais aussi d’une nature ensauvagée. Cela veut bien dire quelque chose de profond sur nous, sur notre quête d’enracinement dans une nature que nous voulons retrouver. Vivre en elle et non à côté.
Certains sont aussi déracinés des liens sociaux qui nous tiennent ensemble et font notre solidarité collective. C’est un défi fort particulièrement dans les grandes villes de les retisser.

Au niveau d’une ville, pour moi, l’écologie a des réponses claires à apporter :
Avec l’urbanisme : on peut stopper l’artificialisation des terres, le gigantisme des zones commerciales dépourvues d’âme qui vident nos centres ville. C’est en notre pouvoir.

Avec une agriculture de proximité, de qualité et accessible pour tous. Cela a toujours été un combat de l’écologie.

Avec l’éducation et la culture : comment voulez-vous que nous soyons collectivement à la hauteur des enjeux environnementaux sans y être éduqués ? Je peux en témoigner, j’ai fait mes études dans un institut d’études politiques. Les enjeux écologiques y étaient marginaux dans la pensée politique et économique qui nous était enseignée.
En local, le rôle en ce sens est fondamental de l’éducation populaire et des projets éducatifs locaux. Mais aussi de tous les acteurs de la culture qui forgent l’âme d’un territoire et sa sensibilité.

Moi je viens du socialisme et je travaille dans l’insertion des publics en risque de précarité.
Je suis sensible à cette question, un peu ce procès qu’on nous fait parfois : « l’écologie, c’est un truc de bobos. Et le social alors ? »

Je crois que nous sommes de plus en plus conscients que ces enjeux sont étroitement liés. C’est une évidence pour les écologistes mais peut-être devons-nous mieux nous faire comprendre.

Quelques exemples de cette interdépendance :
La mobilité :  le mouvement des gilets jaunes nous l’a montré. Le coût de la mobilité en voiture va être de plus en plus inabordable pour les plus précaires. Développer les mobilités alternatives, c’est un enjeu à la croisée des chemins de l’écologie et des solidarités. C’est permettre aux gens d’accéder à leur travail et de leur rendre leur autonomie.
L’alimentation : les riches mangent déjà bio. Militer pour une alimentation de qualité et contre les pesticides, c’est favoriser la santé et une alimentation de qualité mais pour tous.
L’isolation des logements : c’est un enjeu écologique majeur mais cela permet de réduire les factures d’énergie qui explosent pour les plus modestes pendant l’hiver.
Faire société, recréer du lien social : on ne guérit pas les maux de notre société à coût d’équipes de policiers armés…

 Je suis devenue écologiste car l’écologie élargit le débat de la sécurité à tous les enjeux de protection des populations. Elle prend de la hauteur.

   • Nous protégeons quand nous disons que les violences cachées dans les familles, celles que subissent beaucoup de femmes et d’enfants, sont aussi importantes que les violences visibles dans l’espace public.
   • Nous protégeons quand nous demandons des études d’impact qui sont lacunaires pour les zones SEVESO.
   • Nous protégeons quand nous luttons contre les pesticides aux côtés du mouvement des coquelicots.
   • Nous protégeons quand nous demandons des études d’impact environnemental lié à l’arrivée des paquebots.
   • Nous protégeons nos libertés quand nous refusons l’extension de la vidéo surveillance.
   • Nous protégeons quand nous sensibilisons sur la qualité des eaux et de l’air, sur l’impact de l’immersion marine sur les habitations et les zones économiques…

C’est une vision de la protection des populations qui est globale.  

J’ai rejoint l’écologie parce que je pense que c’est la voie du progrès humain, pas au sens technologique, mais au sens du progrès de notre bonheur.
Nous avons besoin pour cela de suivre un principe de responsabilité à l’égard de tout le vivant comme nous y invitait le philosophe Hans Jonas. Nous avons aussi besoin de retrouver notre capacité d’imagination collective.
Et c’est cela que nous voulons vous montrer au travers de nos propositions aujourd’hui.


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